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Comment fonctionnent les Transformers : exploration détaillée de l’architecture Transformer

Explorez l’architecture des Transformers, ces modèles qui ont révolutionné le traitement des données grâce aux mécanismes d’auto‑attention.
Actualisé 26 août 2026  · 15 min lire

Explorer avec l’IA

ChatGPTClaudePerplexity

Comprenez l’architecture des Transformers, notamment l’auto‑attention, le design encodeur–décodeur et l’attention multi‑tête, et comment elle alimente des modèles comme les modèles GPT d’OpenAI.

En bref

  • Les Transformers sont des architectures de réseaux de neurones qui utilisent des mécanismes d’auto‑attention pour traiter des données séquentielles en parallèle, sans recourir à la récurrence
  • Composants clés : embeddings d’entrée, encodage positionnel, auto‑attention multi‑tête, réseaux feed‑forward et normalisation de couche avec connexions résiduelles
  • Structure encodeur‑décodeur : les encodeurs créent des représentations contextuelles ; les décodeurs génèrent des séquences de sortie de façon auto‑régressive
  • Variantes modernes : GPT-5, Claude, Llama et Gemini pour le langage ; Vision Transformers (ViT) pour l’image ; modèles multimodaux pour des entrées combinées
  • Gains d’efficacité : Flash Attention, Rotary Position Embeddings (RoPE) et variantes d’attention linéaire pour atténuer le goulot d’étranglement de complexité quadratique

Le deep learning connaît un tournant majeur avec l’émergence et l’évolution rapide des modèles Transformers.

Ces architectures de rupture n’ont pas seulement redéfini les standards du traitement automatique du langage naturel (NLP), elles ont aussi transformé de nombreux domaines de l’intelligence artificielle.

Caractérisés par leurs mécanismes d’attention et leur traitement parallèle, les modèles Transformers incarnent un bond d’innovation dans la compréhension et la génération du langage, avec une précision et une efficacité auparavant inaccessibles.

Apparue pour la première fois en 2017 dans l’article « Attention is all you need » de Google, l’architecture Transformer est au cœur de modèles révolutionnaires comme ChatGPT, déclenchant une vague d’enthousiasme dans la communauté IA. Elle a été déterminante pour les modèles de langage de pointe d’OpenAI et a joué un rôle clé dans AlphaStar de DeepMind.

Dans cette ère de transformation de l’IA, l’importance des modèles Transformers pour les aspirants data scientists et praticiens du NLP est considérable.

En tant que l’un des piliers des dernières avancées technologiques, cet article vise à décrypter les ressorts de ces modèles.

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Qu’est‑ce qu’un Transformer ?

Les Transformers ont d’abord été développés pour résoudre la traduction automatique (sequence transduction), c’est‑à‑dire tout problème qui transforme une séquence d’entrée en séquence de sortie. D’où leur nom « Transformers ».

Mais reprenons depuis le début.

Qu’est‑ce qu’un modèle Transformer ?

Un modèle Transformer est un réseau de neurones qui apprend le contexte de données séquentielles et en génère de nouvelles données.

Pour le dire simplement :

Un Transformer est un type de modèle d’intelligence artificielle qui apprend à comprendre et à générer du texte proche du langage humain en analysant des motifs dans de très grands volumes de textes.

Les Transformers représentent l’état de l’art actuel en NLP et constituent l’évolution de l’architecture encodeur‑décodeur. Toutefois, alors que cette dernière s’appuie surtout sur les réseaux neuronaux récurrents (RNN) pour extraire l’information séquentielle, les Transformers s’en passent totalement.

Alors, comment font‑ils ?

Ils sont conçus pour saisir le contexte et le sens en analysant les relations entre éléments, en s’appuyant presque entièrement sur une technique mathématique appelée attention.

L’architecture Transformer vue comme une boîte noire.

Image de l’auteur.

Contexte historique

Issus d’un article de recherche de Google en 2017, les modèles Transformers comptent parmi les avancées les plus récentes et influentes en apprentissage automatique. Le premier modèle Transformer a été détaillé dans l’article fondateur "Attention is All You Need".

Ce concept pionnier ne fut pas qu’une percée théorique : il a vite trouvé des implémentations pratiques, notamment dans le package Tensor2Tensor de TensorFlow. Le groupe Harvard NLP a également contribué en publiant un guide annoté de l’article, avec une implémentation PyTorch. Vous pouvez en savoir plus sur l’implémentation d’un Transformer de zéro dans notre tutoriel dédié.

Leur introduction a déclenché une forte accélération du domaine, souvent appelée IA des Transformers. Ce modèle révolutionnaire a posé les bases de percées ultérieures dans les grands modèles de langage, notamment BERT. Dès 2018, ces avancées étaient saluées comme un tournant pour le NLP.

En 2020, des chercheurs d’OpenAI ont annoncé GPT-3. En quelques semaines, sa polyvalence a été démontrée : poèmes, programmes, chansons, sites web et plus encore, captivant l’imagination du public. Constatant ce changement, des chercheurs de Stanford ont publié en 2021 un article qualifiant ces innovations de « modèles fondamentaux », soulignant leur rôle décisif dans la reconfiguration de l’IA.

Si les modèles propriétaires ont d’abord retenu l’attention du grand public, une révolution open source parallèle a rapidement démocratisé la technologie des Transformers. Des plateformes comme Hugging Face sont devenues des carrefours essentiels de partage de modèles, mais le paysage a fondamentalement changé en 2023 avec la sortie de la famille Llama de Meta. Cela a déclenché un mouvement « open‑weights », prouvant que les développeurs n’avaient plus besoin d’écosystèmes fermés pour bâtir des IA de pointe.

Tout au long de 2024 et 2025, le développement open source s’est accéléré. Des modèles comme Llama 3.1 (très grand) de Meta puis la série Llama 4, aux côtés d’architectures très efficaces de startups comme Mistral et de puissants modèles de raisonnement de DeepSeek, ont montré que des modèles ouverts pouvaient égaler, voire dépasser, les géants propriétaires.

Parallèlement, les modèles fermés ont continué de gagner en capacités. GPT-4 en 2023 a introduit le multimodal, et GPT-4o en 2024 a unifié texte, vision et audio dans un seul modèle.

Fin 2024 a marqué un nouveau pivot avec des modèles comme la série o1 d’OpenAI et le R1 ouvert de DeepSeek, intégrant une « chaîne de pensée » interne pour raisonner sur des logiques et des maths complexes avant de répondre.

Fin 2025 et en 2026, le paysage est passé des assistants conversationnels à des systèmes autonomes avec le lancement de la famille GPT-5, apportant planification multi‑étapes avancée, mémoire long terme et workflows agentiques robustes aux infrastructures d’entreprise.

Le passage des modèles RNN (LSTM) aux Transformers pour les problèmes de NLP

Au moment de l’introduction des Transformers, les réseaux neuronaux récurrents (RNN) étaient l’approche privilégiée pour traiter des données séquentielles, où l’ordre d’entrée est déterminant.

Les RNN fonctionnent comme des réseaux feed‑forward, mais traitent l’entrée séquentiellement, élément par élément.

Les Transformers s’inspirent de l’architecture encodeur‑décodeur des RNN. Cependant, au lieu de la récurrence, l’architecture Transformer repose entièrement sur l’attention.

Au‑delà d’améliorer les performances des RNN, les Transformers ont proposé une nouvelle architecture pour des tâches comme le résumé de texte, la légendage d’images ou la reconnaissance vocale.

Quels sont donc les principaux écueils des RNN ? Ils sont peu efficaces pour le NLP pour deux raisons majeures :

  • Ils traitent les données d’entrée séquentiellement, l’une après l’autre. Ce processus récurrent exploite mal les GPU modernes conçus pour le calcul parallèle, rendant l’entraînement lent.
  • Ils deviennent inefficaces quand les éléments sont éloignés. L’information se transmet étape par étape ; plus la chaîne est longue, plus elle se dégrade.

Le passage des RNN comme LSTM aux Transformers en NLP est motivé par ces deux limites, et par la capacité des Transformers à les résoudre grâce aux avancées de l’attention :

  • Prêter attention à des mots précis, quelle que soit leur distance.
  • Accélérer significativement l’exécution.

Les Transformers se sont donc imposés comme l’évolution naturelle des RNN.

Voyons maintenant comment ils fonctionnent.

L’architecture Transformer

Aperçu

Conçus à l’origine pour la transduction de séquences ou la traduction automatique, les Transformers excellent à convertir des séquences d’entrée en séquences de sortie. C’est le premier modèle de transduction reposant entièrement sur l’auto‑attention pour calculer des représentations d’entrée et de sortie, sans RNN alignés sur la séquence ni convolution. La caractéristique centrale est le maintien du schéma encodeur‑décodeur.

Si l’on considère un Transformer pour la traduction comme une simple boîte noire, il prend une phrase dans une langue, l’anglais par exemple, en entrée et renvoie sa traduction en anglais.

L’architecture Transformer comme boîte noire traduisant de l’anglais vers l’espagnol.

Image de l’auteur.

En creusant un peu, cette boîte noire comporte deux parties principales :

  • L’encodeur reçoit l’entrée et en produit une représentation matricielle. Par exemple, la phrase anglaise « How are you? »
  • Le décodeur reçoit cette représentation encodée et génère itérativement une sortie. Dans notre exemple, la phrase traduite « ¿Cómo estás? »

Architecture Transformer pour la traduction avec deux modules génériques (Encodeur et Décodeur).

Image de l’auteur. Structure globale encodeur‑décodeur.

En réalité, encodeur et décodeur sont des piles à multiples couches (même nombre de chaque côté). Tous les encodeurs partagent la même structure ; l’entrée traverse chaque couche successivement. Les décodeurs ont aussi une structure identique, reçoivent l’entrée du dernier encodeur et du décodeur précédent.

L’architecture originale comporte 6 encodeurs et 6 décodeurs, mais on peut répliquer autant de couches que souhaité. Supposons donc N couches de chaque.

Architecture Transformer avec N répétitions d’encodeur et de décodeur.

Image de l’auteur. Structure globale encodeur‑décodeur. Couches multiples.

Maintenant que la vision d’ensemble est claire, concentrons‑nous sur le fonctionnement des encodeurs et des décodeurs :

Flux de travail de l’encodeur

L’encodeur est un composant fondamental de l’architecture Transformer. Sa fonction première est de transformer les tokens d’entrée en représentations contextualisées. Contrairement aux modèles antérieurs qui traitaient les tokens indépendamment, l’encodeur capte le contexte de chaque token par rapport à l’ensemble de la séquence.

Sa composition structurelle est la suivante :

Architecture de l’encodeur d’un Transformer.

Image de l’auteur. Structure globale des encodeurs.

Décomposons son flux en étapes clés :

ÉTAPE 1 – Embeddings d’entrée

L’embedding n’a lieu que dans l’encodeur le plus bas. L’encodeur commence par convertir les tokens (mots ou sous‑mots) en vecteurs via des couches d’embedding. Ces embeddings capturent la sémantique des tokens et les convertissent en vecteurs numériques.

Tous les encodeurs reçoivent une liste de vecteurs de taille 512 (taille fixe). Dans l’encodeur du bas, il s’agit des embeddings de mots ; dans les autres, de la sortie de l’encodeur immédiatement inférieur.

Flux de l’encodeur. Comment fonctionnent les embeddings d’entrée.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Embeddings d’entrée.

ÉTAPE 2 – Encodage positionnel

Comme les Transformers n’ont pas de mécanisme récurrent comme les RNN, ils ajoutent des encodages positionnels aux embeddings d’entrée pour renseigner la position de chaque token dans la séquence. Ils peuvent ainsi comprendre la place de chaque mot dans la phrase.

Pour ce faire, les chercheurs ont proposé d’employer des combinaisons de fonctions sinus et cosinus pour créer des vecteurs de position, permettant d’utiliser cet encodeur positionnel pour des phrases de toute longueur.

Dans cette approche, chaque dimension est associée à des fréquences et décalages uniques, avec des valeurs de −1 à 1, représentant efficacement chaque position.

Flux de l’encodeur. Comment fonctionne l’encodage positionnel.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Encodage positionnel.

ÉTAPE 3 – Pile de couches d’encodeur

L’encodeur est une pile de couches identiques (6 dans le modèle original).

Chaque couche transforme la séquence d’entrée en une représentation continue et abstraite qui capture l’information apprise sur l’ensemble de la séquence. Elle comprend deux sous‑modules :

  • Un mécanisme d’attention multi‑tête.
  • Un réseau entièrement connecté.

Elle intègre aussi des connexions résiduelles autour de chaque sous‑couche, suivies d’une normalisation de couche.

Flux de l’encodeur. Pile de couches d’encodeur.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Pile de couches d’encodeur.

ÉTAPE 3.1 – Mécanisme d’auto‑attention multi‑tête

Dans l’encodeur, l’attention multi‑tête utilise l’auto‑attention. Cette approche relie chaque mot d’entrée aux autres mots. Par exemple, le modèle peut apprendre à relier « are » et « you ».

Ce mécanisme permet à l’encodeur de se concentrer sur différentes parties de la séquence lors du traitement de chaque token. Il calcule des scores d’attention à partir :

  • D’une requête (query), un vecteur représentant un mot/token spécifique dans le mécanisme d’attention.
  • D’une clé (key), également un vecteur correspondant à chaque mot/token de la séquence d’entrée.
  • D’une valeur (value) associée à une clé et utilisée pour construire la sortie de la couche d’attention. Lorsque requête et clé correspondent bien (score d’attention élevé), la valeur correspondante est mise en avant.

Ce premier module d’auto‑attention permet au modèle de capturer l’information contextuelle sur toute la séquence. Plutôt qu’une seule attention, les requêtes, clés et valeurs sont projetées linéairement h fois. Sur chacune de ces versions projetées, le mécanisme d’attention est exécuté en parallèle, produisant des sorties h‑dimensionnelles.

L’architecture détaillée est la suivante :

Flux de l’encodeur. Mécanisme d’attention multi‑tête.

Multiplication matricielle (produit scalaire requête–clé)

Une fois les vecteurs requête, clé et valeur passés dans une couche linéaire, on effectue une multiplication matricielle (dot product) entre requêtes et clés, produisant une matrice de scores.

Cette matrice indique l’importance à accorder à chaque mot vis‑à‑vis des autres au même instant. Un score élevé signifie une plus grande attention.

Ce processus associe effectivement les requêtes aux clés correspondantes.

Flux de l’encodeur. Attention – multiplication matricielle.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Attention – multiplication matricielle.

Réduction de l’ampleur des scores d’attention

Les scores sont ensuite réduits en les divisant par la racine carrée de la dimension des vecteurs requête et clé. Cela stabilise les gradients, car les multiplications peuvent sinon produire des effets trop importants.

Flux de l’encodeur. Réduction des scores d’attention.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Réduction des scores d’attention.

Application du softmax aux scores ajustés

On applique ensuite une fonction softmax aux scores ajustés pour obtenir des poids d’attention (probabilités entre 0 et 1). Le softmax renforce les scores élevés et atténue les faibles, améliorant la capacité du modèle à sélectionner les mots à privilégier.

Flux de l’encodeur. Application du softmax.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Scores après softmax.

Combinaison des résultats softmax avec le vecteur valeur

Les poids issus du softmax sont multipliés par le vecteur valeur, donnant un vecteur de sortie.

Dans ce processus, seuls les mots avec des scores élevés sont conservés. Enfin, ce vecteur passe par une couche linéaire pour affiner le résultat.

Flux de l’encodeur. Combinaison du softmax avec le vecteur valeur.

Image de l’auteur. Flux de l’encodeur. Combinaison avec le vecteur valeur.

Nous obtenons ainsi la sortie du mécanisme d’attention !

Pourquoi parle‑t‑on d’attention multi‑tête ?

Souvenez‑vous : avant de commencer, nous décomposons requêtes, clés et valeurs en h sous‑espaces. Cette auto‑attention se déroule séparément dans chacun de ces « heads ». Chaque tête produit son propre vecteur de sortie.

L’ensemble passe ensuite par une dernière couche linéaire qui harmonise le tout. L’intérêt : chaque tête apprend différemment, enrichissant le modèle d’une compréhension plus vaste.

Pour approfondir, consultez notre tutoriel sur l’attention multi‑tête dans les Transformers.

ÉTAPE 3.2 – Normalisation et connexions résiduelles

Chaque sous‑couche est suivie d’une normalisation. De plus, on ajoute la sortie de la sous‑couche à son entrée (connexion résiduelle) pour atténuer le problème de gradients évanescents et permettre des modèles plus profonds. Ce processus est répété après le réseau feed‑forward.

Flux de l’encodeur. Normalisation et connexion résiduelle après l’attention multi‑tête.

Image de l’auteur. Normalisation et connexion résiduelle.

ÉTAPE 3.3 – Réseau de neurones feed‑forward

La sortie résiduelle normalisée traverse ensuite un réseau feed‑forward point à point, étape cruciale d’affinage supplémentaire.

Imaginez deux couches linéaires séparées par une activation ReLU. Une fois traitée, la sortie est réinjectée et fusionne avec l’entrée de ce réseau feed‑forward.

Cette « réunion » est suivie d’une nouvelle normalisation pour préparer la suite.

Flux de l’encodeur. Sous‑couche feed‑forward.

Image de l’auteur. Sous‑couche feed‑forward.

ÉTAPE 4 – Sortie de l’encodeur

La sortie de l’encodeur final est un ensemble de vecteurs représentant la séquence d’entrée avec un contexte riche. Cette sortie sert d’entrée au décodeur.

Cet encodage soigneux guide le décodeur pour prêter attention aux bons mots lors du décodage.

Pensez‑y comme à une tour de N couches d’encodeur empilées : chaque couche explore des facettes d’attention différentes, ce qui peut renforcer fortement les capacités prédictives du réseau.

Flux de travail du décodeur

Le décodeur se concentre sur la génération de séquences textuelles. À l’image de l’encodeur, il comporte des sous‑couches similaires : deux couches d’attention multi‑tête, une couche feed‑forward point à point, et des connexions résiduelles avec normalisation après chaque sous‑couche.

Structure globale des décodeurs.

Image de l’auteur. Structure globale des décodeurs.

Ces composants fonctionnent comme dans l’encodeur, avec une nuance : chaque couche d’attention multi‑tête du décodeur a une mission spécifique.

La fin du processus côté décodeur passe par une couche linéaire, jouant le rôle de classifieur, suivie d’un softmax pour calculer les probabilités des mots.

Le décodeur est conçu pour générer la sortie en décodant les informations encodées pas à pas.

Important : le décodeur fonctionne de manière auto‑régressive, en démarrant avec un token de début. Il réutilise astucieusement la liste des sorties précédemment générées comme entrées, en plus des sorties de l’encodeur riches en informations d’attention sur l’entrée initiale.

Cette danse séquentielle se poursuit jusqu’à la génération d’un token marquant la fin de séquence.

ÉTAPE 1 – Embeddings de sortie

Au démarrage du décodeur, le processus reflète celui de l’encodeur : l’entrée passe d’abord par une couche d’embedding.

ÉTAPE 2 – Encodage positionnel

Après l’embedding, comme pour l’encodeur, l’entrée traverse la couche d’encodage positionnel afin de produire des embeddings positionnels.

Ces embeddings sont ensuite envoyés à la première couche d’attention multi‑tête du décodeur, où l’on calcule les scores d’attention spécifiques à l’entrée du décodeur.

ÉTAPE 3 – Pile de couches de décodeur

Le décodeur est une pile de couches identiques (6 dans le modèle original). Chaque couche comporte trois sous‑composants principaux :

ÉTAPE 3.1 – Mécanisme d’auto‑attention masquée

Semblable à l’auto‑attention de l’encodeur, mais avec une différence cruciale : on empêche une position d’assister les positions suivantes. Ainsi, chaque mot n’est pas influencé par des tokens futurs.

Par exemple, lors du calcul de l’attention pour « are », il est essentiel que « are » ne « voie » pas « you », mot situé plus loin dans la séquence.

Flux du décodeur. Première attention multi‑tête masquée.

Image de l’auteur. Masque de la première attention multi‑tête.

Ce masquage garantit que la prédiction à une position donnée ne dépend que des sorties déjà connues avant elle.

ÉTAPE 3.2 – Attention multi‑tête encodeur‑décodeur (cross‑attention)

Dans la seconde couche d’attention multi‑tête du décodeur, s’opère une interaction spécifique entre encodeur et décodeur. Les sorties de l’encodeur jouent le rôle de requêtes et de clés, tandis que les sorties de la première attention du décodeur servent de valeurs.

Ce montage aligne efficacement l’entrée de l’encodeur avec celle du décodeur, et permet à ce dernier d’identifier et mettre en avant les parties les plus pertinentes de l’entrée de l’encodeur.

La sortie de cette seconde attention est ensuite affinée par une couche feed‑forward point à point.

Flux du décodeur. Attention encodeur‑décodeur.

Image de l’auteur. Attention encodeur‑décodeur.

Dans cette sous‑couche, les requêtes proviennent de la couche précédente du décodeur, et les clés/valeurs de la sortie de l’encodeur. Chaque position du décodeur peut ainsi assister toutes les positions de la séquence d’entrée.

ÉTAPE 3.3 – Réseau feed‑forward

Comme côté encodeur, chaque couche du décodeur inclut un réseau feed‑forward entièrement connecté, appliqué séparément et de façon identique à chaque position.

ÉTAPE 4 – Classifieur linéaire et softmax pour générer les probabilités de sortie

Le parcours des données s’achève par une couche linéaire finale faisant office de classifieur.

La taille de ce classifieur correspond au nombre de classes (la taille du vocabulaire). Par exemple, pour 1000 mots, la sortie est un vecteur de 1000 éléments.

Cette sortie est ensuite passée dans un softmax qui la convertit en probabilités entre 0 et 1. La probabilité la plus élevée est déterminante : son indice désigne le prochain mot prédit.

Flux du décodeur. Sortie finale du Transformer.

Image de l’auteur. Sortie finale.

Normalisation et connexions résiduelles

Chaque sous‑couche (auto‑attention masquée, attention encodeur‑décodeur, feed‑forward) est suivie d’une normalisation et entourée d’une connexion résiduelle.

Sortie du décodeur

La sortie de la dernière couche est convertie en séquence prédite, via une couche linéaire puis un softmax qui génère des probabilités sur le vocabulaire.

Opérationnellement, le décodeur réinjecte la nouvelle sortie dans sa liste d’entrées, puis poursuit le décodage. Le cycle se répète jusqu’à la prédiction d’un token spécifique signalant la fin.

Le token à plus forte probabilité est sélectionné comme classe finale, souvent le token de fin.

Rappelez‑vous encore que le décodeur n’est pas limité à une seule couche : on peut empiler N couches, chacune s’appuyant sur l’entrée de l’encodeur et les couches précédentes, pour diversifier les schémas d’attention.

Cette approche multi‑couches renforce la capacité prédictive en développant une compréhension plus nuancée des combinaisons d’attention.

L’architecture finale ressemble à ceci (extrait de l’article original) :

Structure originale des Transformers.

Image de l’auteur. Structure originale.

Pour mieux comprendre cette architecture, essayez d’implémenter un Transformer from scratch en suivant ce tutoriel PyTorch.

Des modèles Transformers concrets

BERT

En 2018, Google publie BERT, un framework open source de NLP qui révolutionne le domaine grâce à son entraînement bidirectionnel, permettant des prédictions plus informées par le contexte sur le mot suivant.

En comprenant le contexte des deux côtés d’un mot, BERT a surpassé les modèles précédents sur des tâches comme le question‑réponse et la désambiguïsation. Au cœur : des Transformers reliant dynamiquement chaque entrée et sortie.

Pré‑entraîné sur Wikipédia, BERT a excellé sur de nombreuses tâches et a été intégré au moteur de recherche de Google pour des requêtes plus naturelles. Cette innovation a déclenché une course aux modèles de langage avancés et fait progresser la compréhension du langage.

Pour en savoir plus, consultez notre introduction à BERT.

LaMDA

LaMDA (Language Model for Dialogue Applications) est un modèle basé sur les Transformers, développé par Google pour les tâches conversationnelles et dévoilé lors de Google I/O 2021. Il vise à générer des réponses plus naturelles et contextuelles, améliorant l’interaction dans diverses applications.

La conception de LaMDA lui permet de comprendre et répondre sur un large éventail de sujets et d’intentions, idéal pour les chatbots, assistants virtuels et autres systèmes interactifs où la conversation est centrale.

Cette focalisation sur la compréhension et la génération conversationnelle fait de LaMDA une avancée notable en NLP et communication assistée par IA.

Pour approfondir, découvrez notre article sur LaMDA.

GPT et ChatGPT

GPT et ChatGPT, développés par OpenAI, sont des modèles génératifs avancés capables de produire des textes cohérents et contextuels. GPT‑1 a été lancé en juin 2018 et GPT‑3, l’un des modèles les plus marquants, en 2020.

Ces modèles excellent dans de nombreuses tâches : création de contenu, conversation, traduction, etc. Leur architecture permet de générer des textes proches de l’écriture humaine, utiles en écriture créative, support client ou aide au codage. ChatGPT, variante optimisée pour la conversation, brille par ses dialogues naturels, idéal pour chatbots et assistants virtuels.

Claude

Claude, développé par Anthropic, est une famille d’assistants IA basés sur les Transformers, conçus avec un accent sur la sécurité et l’utilité. Claude utilise la Constitutional AI (CAI), une approche d’entraînement guidée par des principes pour produire des réponses utiles, inoffensives et honnêtes.

Claude 3 (2024) a introduit trois niveaux de modèles — Haiku, Sonnet et Opus — offrant différents compromis entre vitesse et capacité. Ils excellent en raisonnement fin, suivi d’instructions complexes et maintien du contexte sur de longues conversations (jusqu’à 200 K tokens).

En 2025 et 2026, Anthropic a lancé Claude 4, dont les plus récents Opus 4.6 et Sonnet 4.6, en tête de nombreux benchmarks LLM. 

Autres variantes

Le paysage des modèles fondamentaux, en particulier des Transformers, s’étend rapidement. Une étude recense plus de 50 modèles marquants, tandis que le groupe de Stanford en a évalué 30, soulignant la cadence du domaine. NLP Cloud, startup du programme NVIDIA Inception, exploite commercialement quelque 25 grands modèles de langage pour des secteurs comme l’aérien ou la pharmacie.

La tendance s’accélère vers l’open source, avec des plateformes comme le hub de modèles Hugging Face en chef de file. Par ailleurs, de nombreux modèles basés sur les Transformers ont été développés, spécialisés par tâche NLP, illustrant leur polyvalence et leur efficacité.

Pour en savoir plus sur les modèles fondamentaux, consultez notre article dédié aux plus utilisés.

Variantes modernes des Transformers

Depuis l’architecture de 2017, les Transformers ont beaucoup évolué pour lever des limites et s’étendre à de nouveaux domaines.

Vision Transformers (ViT)

Les Vision Transformers appliquent l’auto‑attention aux images en les découpant en patches traités comme des tokens. Cette approche est très efficace pour la classification, la détection d’objets et la génération d’images, dépassant souvent les CNN classiques sur de grands jeux de données.

Transformers multimodaux

Des modèles récents comme GPT-5, Gemini 3 et Llama 4 traitent plusieurs types d’entrées (texte, images, audio, vidéo) au sein d’une architecture unique. Ces Transformers multimodaux utilisent des espaces d’embedding unifiés et de la cross‑attention pour raisonner simultanément à travers les modalités.

Transformers efficaces

La complexité quadratique de l’auto‑attention limite la longueur de contexte. Plusieurs innovations y répondent :

  • Flash Attention : optimise les accès mémoire pour réduire l’usage GPU et accélérer l’entraînement par 2 à 4 x
  • Rotary Position Embeddings (RoPE) : encode la position via des matrices de rotation, facilitant l’extrapolation vers de plus longues séquences
  • Variantes d’attention linéaire : Linformer, Performer et Longformer ramènent la complexité à O(n) pour de très longs documents
  • Mixture of Experts (MoE) : n’active qu’un sous‑ensemble de paramètres par token, permettant des modèles plus grands à coût de calcul similaire

Benchmarks et performances

Évaluer les performances des Transformers en NLP implique une démarche structurée pour mesurer efficacité et efficience.

Selon la nature de la tâche, différentes méthodes et ressources s’appliquent :

Traduction automatique

Pour la traduction, on utilise des jeux standard comme WMT (Workshop on Machine Translation), couvrant de nombreux couples de langues et défis variés.

Des métriques comme BLEU, METEOR, TER et chrF servent de boussole pour l’exactitude et la fluidité.

De plus, tester sur des domaines variés (actualité, littérature, technique) garantit l’adaptabilité et la polyvalence d’un système de TA.

Benchmarks de QA

Pour évaluer les modèles de question‑réponse, on utilise des collections dédiées comme SQuAD, Natural Questions ou TriviaQA.

Chacune a ses règles : SQuAD consiste à trouver des réponses dans un texte donné, tandis que d’autres s’apparentent à un quiz ouvert.

On mesure les performances via la précision, le rappel, le F1 et parfois le taux d’exact match.

Benchmarks d’inférence (NLI)

Pour l’inférence de langage naturel (NLI), on recourt à SNLI, MultiNLI et ANLI.

Ces jeux riches en variations aident à jauger la compréhension : accord, contradiction ou indépendance entre énoncés, avec l’exactitude comme métrique clé.

Il est aussi important d’examiner la gestion des phénomènes linguistiques délicats : coréférence, négation, quantificateurs (« tous », « certains »), etc.

Comparaison à d’autres architectures

Dans l’univers des réseaux de neurones, deux structures sont souvent comparées aux Transformers, chacune avec ses atouts et limites selon le type de données : les RNN (déjà évoqués) et les couches convolutionnelles.

Couches récurrentes

Les couches récurrentes, piliers des RNN, excellent sur les données séquentielles. Leur force : le traitement pas à pas, crucial en langage ou séries temporelles. La sortie d’une étape devient l’entrée de la suivante, permettant de « mémoriser » le passé et de saisir le contexte.

Mais, comme vu plus haut, ce traitement a deux implications :

  • Des entraînements plus longs, car chaque étape dépend de la précédente, rendant le parallélisme difficile.
  • Des difficultés avec les dépendances longues (gradients évanescents), rendant l’apprentissage de relations lointaines moins efficace.

Les Transformers diffèrent en s’affranchissant de la récurrence. Leur couche d’attention répond aux deux problèmes, faisant d’eux l’évolution naturelle des RNN pour le NLP.

Couches convolutionnelles

Les couches convolutionnelles, bases des CNN, sont réputées pour le traitement de données spatiales comme les images.

Elles utilisent des filtres qui balayent l’entrée pour en extraire des caractéristiques. La largeur des filtres s’ajuste selon la granularité visée.

Si elles capturent très bien les hiérarchies spatiales, elles peinent avec les dépendances longues et ne tiennent pas compte, par nature, de l’ordre séquentiel ; elles sont donc moins adaptées aux tâches nécessitant la compréhension du contexte temporel.

Ainsi, CNN et Transformers sont complémentaires : les CNN dominent la vision, tandis que les Transformers s’imposent pour les séquences complexes, notamment en NLP.

Limites et inconvénients des Transformers

Malgré leur succès, les Transformers présentent des limites notables :

  • Complexité quadratique : l’auto‑attention évolue en O(n²), rendant les très longs contextes coûteux
  • Besoins mémoire : les grands modèles exigent beaucoup de mémoire GPU, limitant le déploiement
  • Besoins en données : ils requièrent souvent d’énormes jeux de données pour de bonnes performances
  • Raisonnement explicite limité : excellents appariateurs de motifs, ils ne font pas de raisonnement symbolique et peuvent « halluciner » des faits
  • Limites des encodages positionnels : les schémas standard généralisent mal à des longueurs non vues à l’entraînement

La recherche s’attaque à ces limites via des innovations architecturales comme la Flash Attention, les mixtures of experts et la génération augmentée par récupération (RAG).

Conclusion

En conclusion, les Transformers constituent une percée majeure en intelligence artificielle et en NLP.

En gérant efficacement les données séquentielles grâce à l’auto‑attention, ils ont surpassé les RNN traditionnels. Leur capacité à traiter de longues séquences et à paralléliser le calcul accélère fortement l’entraînement.

Des modèles pionniers comme BERT de Google et la série GPT d’OpenAI illustrent l’impact transformateur des Transformers, tant pour améliorer les moteurs de recherche que pour générer des textes proches du langage humain.

Ils sont ainsi devenus indispensables en apprentissage moderne, repoussant les frontières de l’IA et ouvrant de nouvelles perspectives technologiques.

Pour plonger dans les Transformers et leur mise en pratique, notre article sur Transformers et Hugging Face est un excellent point de départ ! Vous pouvez aussi apprendre à construire un Transformer avec PyTorch grâce à notre guide approfondi.

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Josep Ferrer
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Josep est data scientist et chef de projet à l'Office du tourisme de Catalogne, où il utilise les données pour améliorer l'expérience des touristes en Catalogne. Son expertise comprend la gestion du stockage et du traitement des données, associée à des analyses avancées et à la communication efficace des données.

Il est également un éducateur dévoué, enseignant le programme de Master Big Data à l'Université de Navarre, et contribuant régulièrement à des articles perspicaces sur la science des données sur Medium et KDNuggets.

Il est titulaire d'une licence en ingénierie physique de l'université polytechnique de Catalogne et d'une maîtrise en systèmes interactifs intelligents de l'université Pompeu Fabra.

Actuellement, il s'engage avec passion à rendre les technologies liées aux données plus accessibles à un public plus large par le biais de la publication ForCode'Sake sur Medium.

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